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Pourquoi partir ?
Si c’est pour se la ramener, ce sera en laissant entendre qu’on est un héros et qu’on doit être reconnu en tant qu’être à part (aussi rare que des milliers d'autres voyageurs, soit dit en passant).
Si c’est pour se la ramener, ce sera en affirmant : « c’était risqué, j’ai osé, j’ai assumé ». « Veni, vidi, vici », en quelque sorte (mis à part qu’on est assez nombreux sur cette planète à) avoir le courage de se lever tous les matins).
Si c’est pour se la ramener, ce sera en disant d’un ton blasé : « j’ai fait » tel pays encore tel autre », comme si notre passage avait laissé une trace, une signature. Si ! Du crottin.
Si c’est pour se la ramener, ce sera peut-être aussi sous la forme de site internet, d’articles, de films, de conférences, de relations publiques, capables de hisser un arriviste organisé au niveau des mondanités (mis à part que les « people » vieillissent assez mal et sont vite supplantés par plus arriviste qu’eux ou dotés d’un plus joli derrière).
Le besoin de reconnaissance est légitime mais si nous ne voyageons que pour ça, nous ne sommes pas dans le juste.
Affinons notre propos. Si ce n’est pas pour « se la ramener », c’est alors pour « ramener ».
Ramener quoi ?....
- la légitimé fierté d’être allé au bout de nos limites,
- le sentiment d’avoir vécu un concentré d’émotions et d’action,
- la satisfaction de la construction méthodique couronnée de succès,
- le bonheur des rencontres souriantes ou de rêves réalisés
- l’expérience d’une symbiose avec les chevaux
Motivations nettement plus nobles mais peut-être pas encore tout à fait dans le juste
« Ramener » fait partie de l’ « avoir ». Avoir un passé nous fera courir le risque d’être un « has been », un être fini, un être sans présent autonome et à l’avenir incertain ou décadent.
Alors pourquoi partir, sinon pour vivre ?
Pour expérimenter le chaud, le froid, la distance, l’espace, la durée, la gestion, le dépouillement, la fragilité, la fatigue, la vie nomade, la vie animale, la relation humaine, le partage des rêves, la peur, l’espoir, le sourire, la réalisation…
Pour être soi-même, dans chaque situation, à chaque instant, chaque jour, au plus grand et au plus beau de ce que l’on peut être.
Tout simplement, pour ETRE.
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