En direct du Salvador, où le vélo de Papito s’est envolé pendant la nuit, il y a 3 jours. Nous avons été recueillis par la police d’Apancoya qui nous a hébergés et offert un nouveau vélo à retaper pour continuer notre route. Non loin de ce petit village, une série de 5 tunnels à passer… Nos nouveaux copains nous ont arrangé le passage des tunnels en camion…
Amigos, nous avons voulu vous raconter nos dernières aventures à travers les yeux de Claudia, notre nouvelle amie voyageuse… On vous retrouve au prochain épisode au Salvador. Amitiés, Equiaventuras.
Salut Claudia, comment as-tu connu la famille Equiaventuras ?
J’ai connu la famille Equiaventuras quand "les amoureux de chevaux" de Huehuetenango sont partis donner la bienvenue à ce groupe il y trois semaines.
Comment est née l’idée de rejoindre cette aventure ?
Nous avons invité Gwladys et René à dîner chez nous et on s’est de suite bien entendus. En écoutant Gwladys raconter ses anecdotes, je me suis mise à rêver et cela m’a paru une bonne opportunité pour parcourir mon pays à cheval. Les femmes au Guatemala ne montent quasiment pas mais mon mari a appuyé l’idée.
Quels ont été les préparatifs de ton voyage ?
Gwladys m’a fait une liste des choses nécessaires et quatre jours après, j’étais en train d’acheter mes fontes, ma machette, adaptant ma selle et mes sacoches.
Raconte- nous… ta jument ?
Ahhhh… Ma Lola ! C’est une merveilleuse jument crolla de 13 ans. Un amour de jument douce et câline. Elle n’était pas entraînée mais nous avons commencé par des étapes courtes et elle s’est peu à peu habituée à la vie nomade. Chichen et Pinta, qui sont des chevaux forts et résistants, l’ont aidée et l’ont adoptée immédiatement. Nous nous sommes rendus compte que Lola imitait Chichen et Pinta. Elle s’est mise à manger de tout, du maïs, des fruits et pour la première fois, je l’ai vue se coucher pour dormir.
Combien de temps as-tu voyagé avec Equiaventuras ?
J’ai voyagé deux semaines, excellentes pour moi. Nous sommes partis de Huehuetenango et avons terminé à Zaragoza après 204 kms.
Raconte- nous ton expérience, quelques anecdotes ?
La première nuit je n’ai presque pas dormi car j’étais à l’affut du moindre bruit, des chevaux et pas rassurée de dormir en bord de route en terrain inconnu. J’ai aimé à la fin de la journée partager le repas autour du feu. Avant de partir, je pensais m’aventurer dans un voyage de souffrance, de faim et de fatigue… Mais ce fut tout le contraire, très relaxant, de la bonne nourriture, cuisine au feu de bois. Ce qui est certain, c’ est que la famille Equiaventuras voyage avec tout le nécessaire. Après m’être habituée à dormir à la belle étoile tout était parfait, exception faite des bruits bizarres et gutturaux qu’émet Gwladys quand elle dort (rires) !
Le Guatemala a la réputation d’être le pays le plus dangereux d’ Amérique latine, comment avez-vous géré cette situation ?
Pour défense personnelle, nous avions des machettes, des couteaux bien affutés, du gaz lacrymo et je suis ceinture noire de karaté. Malgré tout, le sentiment de peur était là en permanence. Le troisième jour, nous avons eu notre premier problème en arrivant dans une communauté rurale. René s’était avancé avec le vélo. Gwladys était partie au marché du village et je suis restée à surveiller les trois chevaux quand des types très énervés se sont approchés nous accusant de collaborer avec l’exploitation minière. J ai tenté de leur expliquer qu’au contraire, nous défendions l’écologie mais ils ne m’ont pas écoutée et nous ont menacés, si nous ne partions pas, de brûler les chevaux et nous lyncher à mort. De suite, au retour de Gwladys, je lui ai dit qu’il fallait filer sans donner plus d’explication.
Quelques jours après, nous bivouaquions tranquillement sur un terrain privé quand un groupe organisé de voisins sont venus nous poser milles questions afin de connaître le but de notre voyage. Il faisait déjà nuit noire. Ils étaient 10, assez en colère, et tous la machette à la main. Nous avons passé plus d’une heure à nous justifier, avec la gentille dame qui nous avait donné l’ hospitalité. Finalement mais pas très convaincus, ils nous ont laissé en paix.
Grâce à Asistur (services d’aide aux touristes) et aux Autorités, nous voyagions montoises et parfois avec des recommandations pour trouver un lieu d’accueil où camper.
Tout au long de la chevauchée, nous avons aussi rencontré des gens formidables qui nous ont ouvert la porte de leur foyer ou nous offraient des tortillas, de l’eau et du fourrage pour les chevaux.
Maintenant que le moment des adieux est venu, quels sont tes projets ?
Mon objectif était d’arriver jusqu’à Antigua Guatemala, Equiaventuras va contourner les grandes villes et suivre vers le sud. J’ai décidé de chevaucher les 28 derniers km seule avec Lola jusqu’au parc central d’Antigua.
Génial, souhaites-tu partager autre chose avec nos lecteurs ?
Je suis heureuse d’appartenir à cette famille, ma famille : Gwladys, René, Pinta, Chichen, Lola, le vélo et MOI !
Je remercie aussi mon époux chéri Chio, pour avoir veillé sur mes fils, Carlos Roberto y Jose Roberto. Sans leur soutien, je n’aurais pas pu réaliser ce rêve. J’imagine quand arrivant chez moi, ça va être le bordel (rires) ! Merci mes chéris !
La communauté indigène de Comitancillo menace de nous lyncher et de bruler vifs nos chevaux si nous ne partons pas… Ils nous prenaient pour des chercheurs de minerais ! Claudia raconte…
Claudia a sellé sa Lola et s’en va chevaucher seule vers la Antigua Guatemala. Après ses derniers 28 km, elle aura atteint le but qu’elle s’était fixé.
Bivouac sur la place du village…
Gwladys a la recherche de branches et buches mortes pour faire du feu et cuisiner le diner…
Toute dernière nouvelle : On a retrouvé le vélo de Papito… la belle affaire, on est a plus de 100 km maintenant !!!
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